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 Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.

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MessageSujet: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Ven 9 Mar - 19:53



S’il y avait bien une chose que Cerberus détestait plus que tout au monde, c’étaient les animaux. Non, en fait, recommençons. S’il y avait bien une chose que Cerberus détestait plus que tout au monde, c’était de devoir s’occuper d’animaux qui entravaient la bonne entente dans la ville de Meadow Lake. Surtout parce qu’en général, il y avait toujours une bande de pacifistes qui allaient s’opposer à l’exécution de l’animal s’il était blessé. Non, mais c’était vrai : pourquoi laisser l’animal survivre dans sa douleur alors qu’on pouvait lui mettre du plomb dans la cervelle, récupérer les bois par-dessus la cheminée, la viande au boucher, et la fourrure pour les vêtements ? Un peu archaïque, certes, mais bon, c’était néanmoins la ligne de défense de Cerberus.

Alors, quand il avait reçu un appel au bureau du Shérif comme quoi il y avait un chevreuil qui s’était pris les pattes dans un piège de chasseurs abandonné, il avait, naturellement, roulé sa tête sur ses épaules. Pourquoi est-ce qu’il n’y avait personne pour s’occuper de ça ? Il avait tout de même accepté de venir s’occuper de l’animal. Près du lac. Comme par hasard. En lançant un coup d’œil par la fenêtre, il comprit qu’il n’allait pas nécessairement avoir besoin de se couvrir énormément, et, attrapant le badge de shérif, il plaça son pistolet à la hanche, et attrapa les clés du véhicule de service. Nonchalant, blasé. Démotivé, en quelque sortes. Non, mais aussi, à Meadow Lake, il ne se passait pas grand-chose, et ça lassait parfois Cerb’. Il allait chercher la merde ailleurs, du coup, mais, comme beaucoup de monde, il aurait été incapable de quitter la ville. Déjà, à pied, il avait tenté d’aller jusqu’à la ville voisine, mais il avait chuté dans un fossé après avoir marché dans une fissure du goudron, et s’était pété le cubitus et radius en fracture ouverte au bras droit. En voiture, il avait perdu contrôle du véhicule, et avait été renvoyé à l’hôpital. En tout cas, il n’était pas prêt de vouloir essayer de quitter la ville de si-tôt.

Il enclencha le contact du véhicule, et, en quelques minutes, il se retrouva sur les lieux. Pas de chevreuil en vue, il allait probablement devoir s’enfoncer dans la forêt qui bordait le lac là où il n’était pas emménagé pour la baignade. Pourquoi est-ce que la personne qui l’avait appelé ne s’en était-elle pas chargée elle-même, hein ? Il fronça les sourcils, et, laissant sa veste sur le siège passager, il finit par s’enfoncer sous les arbres. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour apercevoir la pauvre bestiole, à quelques mètres de l’eau, la patte avant prise dans un piège. Et lui, il devait faire quoi ? Ce n’était pas comme s’il n’avait que ça à faire, de s’occuper des bêtes sauvages. Mais bon.

Il s’approcha de la bête, magnifique et élégante, puis s’appuya contre un arbre. Il se racla la gorge, comme pour interpeler l’animal et marquer son attention. Pas comme s’il allait lui parler directement – les animaux ne parlent pas, de toute façon. Plutôt parce qu’il voulait juger et réfléchir. Est-ce qu’il envoyait une balle dans la tête de l’animal en disant qu’il n’avait pas voulu se laisser faire ? Ou est-ce qu’il tentait de défaire le piège à mains nues en espérant ne pas se prendre un sabot dans la gueule ? Il n’était pas chasseur, bordel. Il aurait peut-être dû en appeler un. Mais non, Cerberus était du genre à se démerder seul. Et, en tant que Shérif, c’était peut-être une de ses seules qualités – il avait beau avoir un caractère de merde et envoyer bouler tout le monde, il faisait le travail qu’on lui confiait. En gueulant et en râlant, certes, mais il le faisait toujours très bien et toujours à temps.

Il expira profondément, en croisant les bras à niveau du poitrail. Son t-shirt blanc laissait dévoiler ses bras tatoués et sa musculature. Il pinça les lèvres. « Qu’est-ce que je vais faire de toi, hein ? » lâcha-t-il, en fixant l’animal, qui finit par comprendre l’épée de Damoclès qui lui pendait dessus, et commença à s’agiter. Peut-être qu’il était temps, et peut-être que Cerberus n’avait attendu que ce moment et cette réaction. Car au moins, comme ça, il avait une excuse pour tirer le pistolet de sa ceinture, et, pointant l’arme vers l’animal il fronça les sourcils. Il lança un coup d’œil sur sa droite – ne perd pas pied, songea-t-il, en voyant qu’il était à une cinquantaine de centimètres du bord de l’eau, sinon tu vas tomber à l’eau. Puis il replaça ses yeux sur l’animal, qui semblait plus agité que jamais, comme si la vision de l’arme l’avait soudainement alarmée. Pas que ça gêne particulièrement Cerberus – s’il ratait son coup, ce qu’il ne faisait, déjà, que rarement, il pouvait toujours tirer dans l’encolure de l’animal, s’approcher une fois qu’il était à terre, et le finir en lui tirant une balle dans la cervelle. Cru, mais efficace. Mais ça l’arrangeait de n’utiliser qu’une seule balle.

« Bye bye. » murmura-t-il ensuite, en enclenchant le mécanisme de tir, le pouce enfoncé sur la gâchette. Il ne lui manquait plus que d’appuyer un petit coup et la balle partirait…

Un petit coup…
Inspirant profondément, il marqua une pause pour se concentrer. Et puis…

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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Ven 9 Mar - 22:02

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Les cris du patron mélangés aux clients désagréables. Je saturais littéralement. J’adorais mon petit travail à l’animalerie, là-dessus je n’avais pas à me plaindre, mais aujourd’hui je n’étais pas d’humeur. Dès mon réveil j’avais compris que les astres n’étaient pas de mon côté : tombée dans l’escalier étroit de ma maison, et j’avais cassé ma tasse favorite ! Je crois que j’ai dû faire quelque chose de mal pour que les esprits se retournent ainsi contre moi. J’étais donc de mauvais poil, et ça mon patron l’avait remarqué dès mon arrivé en furie dans la boutique. Première fois que j’avais osé lui répondre ! Mais qu’Est-ce qu’il m’énervait. Heureusement les adorables petits chiots de mon rayon m’avaient remonté le moral avec leur petit léchouille par-ci par-là. Des fois, je me demande ce que je ferais sans ces bêtes attachantes. Je préférais leur présence à celle des humains, les animaux étaient largement plus tolérants, plus compréhensibles. Ils n’avaient beau pas parler, je savais que je pouvais communiquer avec eux, et inversement. Je ne sais pas si je peux dire que c’est le cas depuis toujours, mais je peux dire que ça l’est depuis cinq ans.
Bref, soupirant une énième fois, je me craqua les doigts, sale tic que j’avais pris, et finis de donner à boire aux chats. La seule chose énervante dans ce boulot, mis à part le patron, c’était que j’étais enfermée toute la journée. Je n’aimais pas me sentir bloquée entre quatre murs, je me sentais si mal à l’aise. Je regardais alors la fenêtre : un temps magnifique en plus. Je m’imagina alors courant dehors, à l’air libre. Mais le bruit du carillon de la porte me ramena à la vérité.

Une heure, juste une heure. Seulement une toute petite heure était passée. Il n’y avait pas grand monde aujourd’hui à la boutique, et mon client précédent était le seul de la journée. C’était une petite vielle en plus, totalement adorable, mais totalement dégénérée. Un os pour chat, personnellement je ne connais pas. Enfin bon, il faut de tout pour faire un monde, n’Est-ce pas ? Je retroussa les manches de ma veste bleue délavée, et regarda de nouveau dehors. Je réfléchis un instant, chose rare chez moi je l’avoue, et décida d’aller parler au patron. Je partis donc dans l’arrière boutique, là où il se trouvait toujours pour jouer aux cartes avec un autre employé dont je ne savais plus le nom., et me mit face à lui, l’air déterminé avec ma longue mèche rebelle au milieu de mon front. Sans passer par quatre chemins, je lui fis savoir qu’il ne servait à rien que je reste à la boutique, étant donné qu’il n’y avait personne, et que si quelqu’un se pointait et bien lui et l’autre là pourrait s’en occuper. Il me dévisagea. Il est vrai que je n’osais pas souvent demander ce genre de chose, mais là j’en avais juste marre. Il bégaya alors, prenant sa mine de « pas content », mais je n’écouta pas ce qu’il avait à me dire que je reprit mon sac sur la table et partit en claqua la porte de la boutique. Demain, il me tuerait dès que je reviendrais. Mais ça, c’était demain. À présent j’étais enfin libre dans la ville, l’air chaud se baladant dans mes cheveux. Un sourire vint enfin sur mon visage, et je courus en direction de la forêt qui entourait la petite ville. Je ne sais pas pourquoi, je courais toujours. J’aimais bien, c’est tout, prenez moi pour une folle si vous le souhaitez. D’ailleurs, folle, je le suis. Passons ! Je repensa à ce magnifique petit coin dans la forêt que j’avais vu une matinée, un lac isolé. Etant donné le temps, une petite baignade ne se refusait pas. Et puis là bas il n’y avait jamais personne, je serais tranquille. Et dans ce coin, il y a souvent pleins de bestioles, que demander de plus ? Bref, une fois dans la forêt je m’arrêta de courir, histoire d’éviter de me prendre une racine dans le pied comme ça m’est si souvent arrivé. Tout en fouillant dans ma mémoire pour me rappeler de l’endroit où se trouvait ce petit paradis, je m’attacha les cheveux en une queue haute. Enfin je me sentais bien, comme si je me trouvais dans mon milieu naturel.

Au bout d’une dizaine de minutes de trotte, j’aperçus une voiture au milieu des arbres. Ce véhicule me rappelait vaguement quelque chose, mais je ne me rappelais plus. Ma tranquillité allait-elle être dérangée ? Avec un peu de chance, c’était juste un randonneur fainéant qui était à présent bien loin. Oui, espérons. J’étais donc à présent non loin du lac, lorsque j’entendis un petit murmure. Je ne compris pas ce qu’il dit, et je ne sus si je devais folle ou s’il y avait bel et bien quelqu’un. Je m’avança alors encore un peu, et ce que je vis plomba pour de bon mon humeur. Cerberus. Alors déjà, le voir m’énerver, lui et ses manières de shérif qui se croyait tout permis, mais en plus le voilà arme pointait sur un chevreuil piégé. La cerise sur le gâteau ! Je savais que ce type-là était affreux, mais là il dépassait les bornes. Je devais réagir et vite. Si je criais de ne pas tirer il ne m’écouterait pas et le ferait avec plaisir je pari. Laissant tomber mon sac, je courus alors dans sa direction avant qu’il n’appuies sur la gâchette, et regroupant toutes mes forces dans mes bras, et je le poussa dans le lac. Je savais que j’allais regretter ce geste, mais il était dans mon instinct de sauver cette pauvre bête. Moi qui rêvait d’une baignade, j’avais fait profiter de l’eau à quelqu’un d’autre. Ne dédaignant même pas lui jeter un regard, j’observa l’animal piégé. Encore ces chasseurs, toujours ces sans cœurs. En ma présence, le chevreuil semblait se calmer : je faisais toujours cet effet là aux animaux. Doucement, pour ne pas qu’il se blesse d’avantage, je m’approcha de lui et m’accroupie à sa hauteur. Une fois à côté de lui, je lui caressa ses poils rugueux et lui murmura de se calmer, que j’étais là pour son bien. J’examina alors sa patte, et retira délicatement le maudit piège. J’étais fière de moi, j’avoue. Mais ma petite joie disparut rapidement quand je me souvenus de lui. Je retourna donc ma tête vers Cerberus, et le fusilla du regard en balançant le piège que je venais de retirer à côté de lui.
« Je savais que tu étais du genre sans-cœur, mais pas à ce point ! Tuer un animal quoi, blessé en plus ! Mais est-ce que tu éprouves des sentiments, de la culpabilité ? Il s’agit là d’un être vivant, qui a une âme, une conscience, et qui est capable de ressentir bien plus d’émotion que toi ! »
Lui avais-je lancé en hurlant, furieuse. Je savais qu’il s’en fichait de ce que je pouvais dire, mais il fallait que ça sorte.
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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Ven 9 Mar - 22:30

S’il y avait quelque chose que Cerberus aurait dû entendre sur le moment, ç’avait bien été le bruit de pas contre le sol de la forêt, mais il était tellement concentré sur la tâche présente qu’il ne s’en rendit pas compte. Enfin si, mais trop tard, disons. Ce ne fut qu’au dernier moment, où il vit Luuna débarquer de nulle part, et qu’il appuya sur la gâchette, mais le tir dévia vers la hauteur des arbres, et, le pistolet vola de sa main sous le choc, et la seule chose qu’il sentit dans les secondes qui suivirent fut le choc du plat qu’il venait de faire contre la surface de l’eau.

Sonné, il eut un peu de mal à se rendre compte qu’il était sous l’eau, mais dès qu’il eut réussi à reprendre un peu ses esprits, son organisme se mit en marche et de quelques coups de pieds dans l’eau et quelques brasses plus tard, il se trouvait à la surface. Secouant la tête pour se débarrasser de l’eau sur ses yeux, il souffla et cracha l’eau qu’il avait avalée sous le choc. Non mais elle était sérieuse, la Luuna là ?! Fronçant les sourcils il jura dans sa barbe avec un joli « Pétasse » discret, qu’il ronchonna pendant qu’il nageait jusqu’au bord de l’eau, et tirant sur un rocher dépassant de l’eau, il se hissa hors du lac, puis, agrippant une racine d’un des arbres qui bordaient l’étendue aquatique, il se retrouva à genoux à observer la scène que lui offrait typiquement Luuna quand elle était en présence d’un animal : de la douceur partout, et vas-y que je te murmure que ça va aller et que l’autre c’est un connard, et que je te caresse et que je t’aime parce que l’autre il voulait te buter. Soufflant comme un taureau énervé, Cerberus porta sa main au poitrail. Ouais, bah, trempé comme il l’était, il n’y avait plus rien à cacher.

Le piège vola à sa rencontre, et l’esquivant en se penchant sur le côté, il cracha par terre, l’eau du lac était dégueulasse au goût. Et dire que les gens venaient se baigner là ? « Connasse » murmura-t-il pendant que la vendeuse animalière se dirigeait vers lui comme si elle allait lui passer dessus comme un bulldozer.

« Je savais que tu étais du genre sans-cœur, mais pas à ce point ! Tuer un animal quoi, blessé en plus ! Mais est-ce que tu éprouves des sentiments, de la culpabilité ? Il s’agit là d’un être vivant, qui a une âme, une conscience, et qui est capable de ressentir bien plus d’émotion que toi ! » Et bah. Faussement impressionné, Cerberus haussa les sourcils et pinça les lèvres. Elle était vraiment chelou aussi. Non, mais c’était vrai : un animal ça reste un animal. Et en plus, de son point de vue, Cerberus faisait un service à l’animal, il était blessé, et un animal sauvage blessé, ça se fait bouffer par les loups. Tout au mieux, sinon par un ours ou un truc du genre. Vaut mieux mourir d’un coup dans la tête qu’asphyxié par des mâchoires qui t’étouffent en te serrant la gorge, non ?

Se relevant, faisant profiter sa hauteur – rappelez-vous, il frôlait les deux mètres dix de haut – il lança un regard au chevreuil trop tétanisé pour prendre la fuite, qui les regardait, lui et Luuna. Puis il se racla la gorge et prit la parole, répondant à la petite tirade de Luuna par un « J’en ai rien à foutre de ton histoire d’âme et de conscience, ok ? La bestiole est blessée, que je sache vaut mieux la buter histoire qu’éviter qu’elle se fasse tuer en agonisant par des loups, non ? Sauf si mademoiselle veut le prendre avec elle et le soigner dans son petit jardin ? » moqueur. Non, il se fichait vraiment d’elle, ça ne lui venait même pas à l’idée qu’elle pourrait éventuellement accepter la provocation.

« Et techniquement, t’as agressé un agent en service, donc j’devrais t’amener au poste pour remplir des papiers. » Revoilà Cerberus en pleine forme. Trempé, certes, énervé, aussi, mais au moins, clair et précis sur ce qu’il avait en tête. Lançant un regard glacial à Luuna, il attrapa les bords de sa chemise et la retira en la tirant par-dessus sa tête, afin de l’essorer en la roulant en boule. Le nombre de gouttes qui tombèrent au sol le firent soupirer. Puis il releva le regard vers Luuna, et regarda le chevreuil, toujours présent. Décidément, ces bestioles, vraiment bêtes. Il devrait se barrer, le cervidé, mais non, il avait décidé de faire la grève et de rester là. Magnifique. Absolument magnifique. Tout ce qu’il voulait, là, maintenant, immédiatement.

Il releva la tête afin de confronter Luuna encore une fois.

« T’es pas censée travailler en plus aujourd’hui, toi ? » Non, c’était vrai quoi. Cerberus était peut-être con et un trou du cul, il connaissait plus ou moins les boulots des différentes personnes à Meadow Lake, et il savait que Luuna travaillait normalement, à une telle heure. Ca le faisait sacrément chier, parce que maintenant, il allait probablement devoir trouver une façon pour raccompagner le chevreuil chez Luuna – elle allait probablement vouloir le soigner elle-même sans l’aide d’un vétérinaire ou un truc du genre, vous savez, zen, peace, love & rock’n’roll et tout ce qui va avec – et elle allait aussi devoir remplir des papiers, et tout le bordel qui va avec. Et, normalement, techniquement, Cerberus devrait aussi retrouver la balle perdue qui avait tiré dans les arbres. Et prier pour que son téléphone portable n’ait pas pris l’eau. Et que son portefeuille puisse être sauvé aussi. Et que son talkie-walkie fonctionnait encore. Et qu’il avait encore son badge sur lui. Une chose était sûre, c’était que ses cigarettes étaient foutues. Il allait tout mettre sur le dos de Luuna.

« T’es qu’une emmerdeuse, Luuna. » déclara-t-il, méprisant. Puis il lança un coup d’œil au chevreuil qui semblait enfin vouloir bouger un peu, et qui ne tenait que sur ses trois pattes. Handicapé va. Ce songe étira un sourire sarcastique sur les lèvres de Cerberus.

Détestable vous avez dit ? Vous ne pensiez pas si bien dire…



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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Sam 10 Mar - 0:55

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C’était décidemment bel et bien une journée pourrie. Enfin on peut dire que j’avais accomplie ma « B.A. » du jour : sauver une bête de la barbarie d’un crétin. À force de voir ce dont était capable Cerberus, j’en venais à me demander si c’était moi qui était trop dans mon monde, ou s’il était réellement d’une violence inhumaine. Je pencherais pour le second choix. Je ne sais plus quand nous nous sommes rencontrer pour la première fois, je l’ai tellement croisé depuis, malheureusement, que le souvenir de notre première conversation s’est envolé. Ça ne devait pas être un bon souvenir. En même temps, les seuls conversations que j’ai eu avec lui durent des disputes. Seulement, le plus souvent je le laissais parler, je ne disais rien face à sa méchanceté gratuite et ces actes malveillants. Mais là c’était diffèrent, il touchait à ce que j’aimais le plus au monde : la nature. Il pouvait faire ce qu’il souhaitait, me traitait de cinglée autant qu’il le voulait et me frapper si l’envie lui venait, chose qu’il a d’ailleurs plusieurs fois failli faire. Allez savoir ce qu’il le retient de m’en foutre une bonne pour de bon, je sais qu’il n’attend que ça. Bon j’avoue que moi je préfère qu’il en reste au parole étant donné sa corpulence de musclor. Vous allez me dire, avec un tel gabarit, on se demande s’il y a de la place pour un cœur et une conscience.

Face à lui, comme toujours imprudente, je l’observa se relever et dû à présent lever ma tête pour pouvoir continuer à le fixer. Dieu qu’il était grand, j’avais oublié ce détail. Il lui suffirait d’une petite tape de sa part pour que je m’effondre. Mais non, je n’avais pas peur de ce grizzly. Inconscience quand tu nous tiens. Bon le fait qu’il se fiche de ma morale j’aurais pu le parier, mais son hypothèse sur une soit disant meilleure mort pour le chevreuil, naze. Tout simplement. Et toujours des remarques moqueuses en veux tu en voilà. Mais il est né ainsi ou il l’est devenu au fils des années ?! Et à présent une menace. M’emmener au poste ? Si ça pouvait le faire plaisir, qu’il le fasse. Mais qu’il ne s’attende pas à ce que je le suive sans rien dire. Agresser un agent en service, ça y est il allait nous jouer la victime. Tête à claque ! La seule vraie victime ici était cette pauvre bête. Toujours les animaux qui en prennent pour leur poire, le fait qu’il ne puisse s’exprimer jouant sur leur sort tragique. Et pourtant ils auraient tant à nous apprendre. Bon ce genre de chose je préfère le garder pour moi, je ne veux pas de nouveau brasser du vent en le lui disant. Je me contenta d’un « Tsss. » en levant les yeux au ciel, bras à présent croisés. La bête était toujours au sol, nous observant telle une spectatrice. Moi qui voulais une après-midi bien tranquille, j’étais déçue. J’en avais tant rêvé de ma petite baignade solitaire. Mais m’sieur le caïd avait tout fait foirer, pour ne pas changer tiens ! C’est vrai qu’en y pensant, le plus souvent quand je le vois c’est quand je suis déjà dans une sale situation. À croire que mère nature s’acharne sur moi en l’envoyant sur mon chemin.

Arrêtant de fixer le ciel, mes yeux s’arrêtèrent sur le torse de Cerberus. Je sentis alors mes joues brûler et je détourna rapidement mon regard vers le lac. Ben quoi ? Il est bien foutu, est-ce de ma faute ? Je reste une femme, merde alors, c’est instinctif. Mais il avait beau avoir un corps parfait, l’intérieur était à refaire. Entièrement, de fond en comble ! Et ne comptais pas sur moi pour jouer les gentilles en essayant de changer son caractère de merde. Je n’en ai pas envie, et il n’en vaut pas la peine. Je préfère faire de mon mieux pour réparer les conneries qu’il laisse derrière lui et essayer de lui faire rentrer dans le crâne que sa violence est inutile et inhumaine. Bref, je tenta de penser à d’autre chose pour faire disparaitre mes jours rosés, et Cerberus me coupa dans mes pensées pour me demander si je n’étais pas censée être au boulot. En effet, là-dessus il avait raison. Et ça m’énervait qu’il me rappelle ce détail. J’étais morte demain, mon patron allait me tuer. Mais je savais qu’il ne me virerai pas, malgré ses menaces. J’étais une employée excellente pour l’animalerie, je le savais. Et puis niveau salaire je n’étais pas difficile, faisant ça plus par plaisir que par besoin. Allez, encore un point pour que je déteste le shérif : m’avoir fait rappeler que demain ça serait ma fête ! Mais décidemment il le faisait exprès, de me mettre à bout. Le faisait-il seulement exprès ? D’ailleurs, comment savait-il que je travaillais ? OUAH une part d’humanité en lui : il est capable de s’intéresser à d’autre chose qu’à lui-même. Il y a donc une touche d’espoir pour son cas ! Vous pouvez penser que je suis méchante de dire toutes ces choses sur lui, mais eh j’suis pas une none, je connais aussi la méchanceté ! Et puis il le mérite, amplement. Passons, Cerb’ conclut en me traitant d’emmerdeuse. Je le suis, et l’assume.

Lorsqu’il reposa un regard sur l’animal blessé, je le vis enfin sourire. Non, pas un sourire compatissant, un sourire comme il les fait si bien : détestable. Il voulait quoi ? Bouffer la bête ? Mon dieu qu’il en serait capable. Je remarqua alors qu’il avait bien parlé, sans que je ne daigne répondre. J’étais tellement occupée à me remettre de ça, de lui arme pointait sur cette pauvre bête. Ça ne m’étonnait pas véritablement. Lançant un petit souffle, comme pour balayer les conneries qu’il avait pu sortir, les bras toujours croisé, mon regard levé vers le sien et ma bouche en forme de petite moue.
« Comme si tu pouvais te préoccuper de savoir si telle ou telle mort est meilleure pour cet animal. Tu n’as même pas cherché à lui retirer le piège et à le soigner ! Tu as préféré la facilité de ton arme, dis-je en pointant du doigt cette horrible invention preneuse de vie. Pour te répondre, oui je m’occuperais, moi, de soigner cet animal. Et tes menaces ne me font pas peur, monsieur le Shérif, emmène moi au poste si tu veux, au moins ça comblera ton sentiment de pleine puissance. »

En finissant ma phrase, je tourna mon regard vers le chevreuil qui tentait de marcher sur ses trois pattes saines. Je retourna alors près de l’animal, doucement comme toujours pour ne pas l’effrayer. Je préférais m’éloigner de Cerb’, le plus possible. Déjà me trouver dans le même lieu que lui m’énervait, mais en plus le sentir si proche me mettait à bout. Je m’accroupis donc de nouveau pour être à la hauteur de la bête et posa de nouveau ma main sur sa tête, signifiant que je ne lui voulait pas de mal. Pour le moment, je ne pouvais rien faire pour la soigner, mais je pouvais faire en sorte de la calmer pour ne pas qu’elle tente de s’enfuir, et qu’elle accentue sa douleur. Me rappelant du shérif, je raccrocha mon regard sur lui, toujours énervée.
« Oui je devais travailler, mais à croire que mère nature m’a envoyé un message pour me prévenir que l’être horrible que tu es allait faire une connerie. Et puis c’pas tes affaires, essaye déjà de faire ton boulot correctement. Et en effet, je suis une emmerdeuse, et je continuerais à l’être envers toi jusqu’à ce que tu comprennes que tu n’iras nulle part avec ta foutue violence. Crétin. »
Ce dernier mot était sortit tout seul, il m’avait échappé. Oh puis mince, il se permettait de me dire que j’étais emmerdeuse, je pouvais me permettre cela. Et au moins, ça venait du fond du cœur !

« Au fait, pour revenir sur le fait que je t’ai soit disant agressé durant ton service. Je considère que là, ce n’est pas ton boulot que tu es en train de faire. Un shérif se doit de faire le bien, ou du moins d’essayer. Tout ce que tu ne sais pas faire quoi. »
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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 13:47

Décidément, la Luuna avait décidé de marquer le passage et sa petite vertu vis-à-vis du Shérif aujourd’hui. Non seulement, elle semblait pleinement soumise à ce qu’il pouvait bien lui raconter, mais en plus elle était prête à défendre un animal comme un autre. C’était une chose que Cerb’ ne comprenait pas, donner sa vie pour un animal plutôt qu’un être humain. Peut-être qu’il avait quelque chose à apprendre, mais personnellement, il préférait se contenter de se démerder seul et de vivre de sa solitude. Non, c’était vrai quoi. A part son boulot de Shérif qui le forçait à avoir des relations sociales, il n’avait pas réellement de loisirs. Il dormait au poste, et ne semblait pas réellement faire d’efforts pour avoir des amis : choix personnel, certes, mais un choix tout de même. Cependant, quand la petite Luuna se décida enfin à répondre à ses provocations, il soupira longuement. Dieu qu’elle était chiante. Elle croisa les bras, comme pour marquer ce qu’elle allait lui dire.

« Comme si tu pouvais te préoccuper de savoir si telle ou telle mort est meilleure pour cet animal, » affirma-t-elle, d’une façon qui fit ricaner Cerberus. Comme s’il pouvait se préoccuper de savoir si telle ou telle façon de mourir était la meilleure : elle pouvait parler, elle. Il en connaissait plein des façons de mettre à mort, et franchement, du plomb dans la gueule, c’était le plus facile. C’était immédiat au moins, pas de souffrance. Mais elle enchaîna immédiatement, en l’accusant, « Tu n’as même pas cherché à lui retirer le piège et à le soigner ! Tu as préféré la facilité de ton arme, » ce qui le fit faire un pas sur le côté pour, d’ailleurs, aller récupérer l’arme en question puisqu’il n’en avait apparemment plus besoin. Parce que madame je-sauve-les-animaux était dans la place, il ne pouvait plus tuer le chevreuil. Il pinça les lèvres, voulant lui couper la parole, mais elle enchaîna encore, « Pour te répondre, oui je m’occuperais, moi, de soigner cet animal. Et tes menaces ne me font pas peur, monsieur le Shérif, emmène-moi au poste si tu veux, au moins ça comblera ton sentiment de pleine puissance. »

Et puis, comme ça, sans rien ajouter, elle se recula de Cerberus pour aller voir le chevreuil, et lui caresser la tête. Serrant les mâchoires et les poings, le Shérif dut faire un effort pour ne pas faire un geste brutal qui aurait fait fuir l’animal. Quoi ? De la jalousie ? Non, pas du tout. Absolument pas. Mais non, même pas la peine d’y penser. Il serra simplement les mâchoires, et alla attraper le pistolet qui avait volé à quelques mètres de là, vérifia les balles, et l’enfonça dans son jean, dans le dos, avant de sortir son téléphone et vérifier l’état de l’appareil. Qui était encore allumé – miraculeusement – et qui semblait même capter du réseau. Tant mieux pour lui, il n’aurait pas besoin de trouver un nouvel appareil. Et puis, comme pour rappeler que Cerberus était un parfait connard en manque d’affection, Luuna crut bon d’ajouter encore un clou dans la plaie :

« Oui je devais travailler, mais à croire que mère nature m’a envoyé un message pour me prévenir que l’être horrible que tu es allait faire une connerie. » Cessant de triffouiller le téléphone, il lança un regard glacial à la jeune femme. Une connerie ? Hein ? « Et puis c’pas tes affaires, essaye déjà de faire ton boulot correctement. Et en effet, je suis une emmerdeuse, et je continuerais à l’être envers toi jusqu’à ce que tu comprennes que tu n’iras nulle part avec ta foutue violence. Crétin. » Aller nulle part avec sa violence ?
« Sale pute. » lâcha-t-il sans réellement s’en render compte, avant de reprendre la parole, comme pour marquer le coup : « Ouais, bah le jour où y aura besoin de moi pour régler un problème avec la violence, j’viendrais pas, ça t’ira ? Tu te feras violer, mais vu que tu es pacifiste, j’m’occuperai pas de ton agresseur comme je le fais normalement parce que je le ferais violemment et que tu ne serais pas d’accord. » Un peu exagéré comme exemple, mais Cerberus n’avait pas vraiment envie de différencier animaux et êtres humains. C’était à croire que, quelque part, dans son passé, il y avait quelque chose qui le hantait niveau violence et que depuis, il n’arrivait pas à lâcher l’affaire. Peut-être qu’il devait le dire à quelqu’un, pour qu’il ne porte pas le fardeau seul, mais jusqu’à présent il s’en sortait plus que bien.

« « Au fait, pour revenir sur le fait que je t’ai soit disant agressé durant ton service. Je considère que là, ce n’est pas ton boulot que tu es en train de faire. Un shérif se doit de faire le bien, ou du moins d’essayer. Tout ce que tu ne sais pas faire quoi. » Fronçant les sourcils, le Shérif balança sa chemise par-dessus son épaule et fixa le chevreuil, comme s’il était la cause de cette discussion qu’il ne voulait absolument pas avoir maintenant. Incapable de faire le bien ? Elle ne devait pas le provoquer. Parce que, personnellement, il se considérait assez capable de faire ce qu’il fallait quand il était temps de le faire. Il se défendit d’un « On doit pas avoir la même notion de bien et mal, Mademoiselle Nakota. » employant le nom de famille pour remettre de la distance entre lui et elle, c’était une chose que Cerberus aimait faire. Ceci dit, il continua sur sa lancée.

« Si pour toi c’est mal qu’on tue un animal blessé, j’me demande ce que tu penses du mal que font les hommes entre eux. Après, je dis ça je dis rien. » accusa-t-il, en serrant les dents.



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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 15:19

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Généralement, une personne n’est jamais totalement méchante. Rien n’est réellement noir ou blanc après tout. Mais j’avais beau cherché, et je vous promet que j’avais pourtant essayé, je ne trouvais pas ce côté blanc chez Cerberus. Je ne comprenais pas comment une personne pouvait être aussi… détestable. Je ne le connaissais pas vraiment, je l’avoue, mais au fils des jours je ne vois en lui qu’un côté mauvais. Et je ne suis pas la seule à le penser. Connaissant beaucoup de monde à Meadow Lake, je peux vous affirmer que jamais je n’ai entendu quelqu’un dire du bien de lui. Je serais la dernière à en dire d’ailleurs. Personnellement, dans ma tête, un Shérif se doit d’être sociable, extrêmement sympathique et généreux. Alors pourquoi ces trois mots me paraissait à l’opposé de l’actuel Shérif ? Passons, je continuais donc de caresser la bête, essayant de faire en sorte qu’elle ne prenne pas peur de l’autre monstre et qu’elle ne s’enfuit. D’ailleurs, ce dernier avait reprit son arme. Et je ne sais pas pourquoi, je me demanda s’il était capable de me tirer dessus. Oui, l’image que j’avais de lui me laissait croire ce genre de chose. J’espérais juste qu’il était assez intelligent et lucide pour ne pas être aussi violent.
Ne lâchant pas l’animal du coup de l’œil, j’observais tout de même en détail Cerberus. Je crois que je l’avais bien énervé. Sa colère pouvait clairement se lire dans sa gestuelle. Aurais-je été trop loin ? Ou peut être que j’ai touché un point sensible ? Non, pas possible. Ce genre de personne ne possède pas de point sensible. Bizarrement, l’insulte qu’il venait de me lancer de ne m’étonna pas de lui, mais je ne pus empêcher ma mâchoire de légèrement s’entrouvrir et mes sourcils de se froncer. Sale pute, il l’avait sortit si violemment, comme si de rien n’était. Mon crétin, lançait plus tôt, semblait bénin à côté. Il me fit alors une menace assez… osée. Ne pas venir me défendre si un jour, en gros, j’étais dans la merde. L’exemple du viol me choqua, je l’avoue. Il avait vraiment un esprit tordu, incroyable. Je ne sais pas, il aurait pu parler d’une agression, mais c’est l’exemple du viol qui lui vint en tête. C’était réellement un cas extrême, mais je l’avoue bien réfléchit. Là, il me posait une colle. Je détourna donc mon regard de lui pour regarder un peu dans le vide, mâchouillant ma lèvre inférieure. Comment je réagirais si un jour je me faisais agresser ? Mince, il m’avait sortit de mon monde là. Jamais je n’avais été victime de ce genre de violence. Enfin j’ai failli une fois, mais comme toujours ce fut une autre personne qui me protégea (je ne citerais pas son nom sinon je risque de penser à lui et d’oublier ce moment présent). Je n’aimais pas être confronter à la réalité de la vie, et pourtant Cerberus me la montrait toujours. Qu’Est-ce qu’il m’énervait.
Je n’eus pas le temps de rétorquer qu’il continua de parler, m’informant que nous n’avions pas la même vision du bien et le mal. Il ne me l’apprenait pas, j’étais au courant de cela, vu comment il était capable s’agir sans culpabiliser. Et il enchaîna en me demandant ce que je pensais de la violence entre les hommes, étant donné ma certaine mentalité je suppose. Je leva les yeux au ciel. La réponse était évidente pourtant. L’Homme est un être de bêtise et d’haine. Il ne peut vivre sans cette dernière. Capable de se faire la guerre pour un morceau de pain. Le pire animal qui pouvait exister, décidément. Mais je crois que si je lui répond ça, nous partirons dans un débat que je n’ai pas envie d’avoir avec lui.
Il semblait toujours énervé, de plus en plus même. Je ne sais pas si c’était mon côté enfantin, mais ça m’amusait de le mettre à bout à vrai dire. Même si je le faisais sans vraiment le vouloir. Il était donc temps pour moi de répondre. Mais à vrai dire, je n’avais rien à répliquer. J’étais toujours bloqué sur son exemple d’agression. C’est donc dans un souffle que je me contenta de lancer un :
« Tu me soules. »
Je préféra alors continuer de m’occuper du chevreuil, blessé je vous le rappelle. En retard mentalement, j’eu l’idée de retirer mon foulard bleue de mon coup pour m’en servir comme bandage. Toujours en lui servant de petites phrases que je murmurais, je m’approcha à quatre pattes de sa blessure. La plaie n’était pas profonde, mais il saignait tout de même assez. Doucement, je lui enroula mon foulard autour de sa patte. Je ne craignais pas de geste brusque de sa part, les animaux sans cesse apaisé avec moi. Une fois le bandage fait maison terminé, je lui caressa le flanc. Je retrouva le sourire que j’avais perdu en voyant Cerberus, et me releva enfin, commençant à avoir des courbatures dans les mollets. Je ne savais pas pourquoi l’animal restait là, à nous observer. Il ne paraissait plus paniqué. Il pouvait pourtant s’enfuir, ce qui serait dommage. J’avoue que pour une fois je ne comprenais pas une bête.
Et mon regard se reposa instinctivement sur ce Shérif. Ne pas lui répondre serait lui donner raison. Et je ne le voulais pas. Je soupira alors et laissa mes bras ballants le long de mon corps.
« Je t’avoue que pour moi, la notion du Bien et du Mal est très simple à cerner : tout ce que tu es et fait représente le Mal. Et ce qui t’ai inconnu le Bien. Tout simplement. »
Dis-je un sourire aux lèvres. Oui, je le provoquais. Je jouais avec le feu, mais j’adorais ça. Je commença alors à doucement m’avancer vers lui, ne quittant pas son regard.
« Et crois moi, je ne comptais pas sur toi pour un jour venir m’aider en cas d’agression, quelle qu’elle soit. Une crapule comme toi, aider quelqu’un ? Inimaginable. Encore moins venir m’aider moi. Je sais à quel point tu ne m’aimes pas, et rassure toi c’est réciproque. »
A force de m’avancer, je me retrouva de nouveau face à lui et sa foutu hauteur. Je dû donc de nouveau lever les yeux, mon sourire de coin toujours présent.
« J’avoue que tu m’as bien coincé : je ne sais pas ce que je pourrais faire si un jour je me faisais agresser. Ce qui est sur, c’est que je n’utiliserais pas la violence en masse. Mais la violence défensive. Toi, tu n’es qu’un bourrin, une personne qui fonce dans le tas sans réfléchir. Je ne comprend pas pourquoi tu es Shérif, tu devrais te reconvertir ailleurs, vraiment. Ça ferait du bien à tout le monde. J’y allais fort, je sais. Je ne pense pas que tu souhaites savoir ce que je pense du mal des hommes entre eux. Je ne veux pas perdre mon temps à t’expliquer mon point de vue de cela. Je perds déjà assez mon temps à te parler. Tout en continuant à le fixer, je pointa mon index sur son épaule pour légèrement le bousculer. Assassin. »
Ce fut mon dernier mot avant de changer mon sourire en une moue boudeuse. Je ne bougea pas de ma place, me sentant pourtant bien vulnérable en face de lui.
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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 15:50

Alors comme ça Cerberus la soulait ? Non, c’était vraiment drôle. Comique même. Un mince sourire s’étira sur les lèvres du Shérif, même s’il demeurait toujours tendu. Non mais franchement. Il la soulait. C’était un peu le but de son caractère de chien… Reculant légèrement, le Shérif alla pour retourner à la voiture de service, mais finit par s’arrêter quand il entendit Luuna continuer de lui parler. Et pas pour lui dire de la soupe, en plus. « « Je t’avoue que pour moi, la notion du Bien et du Mal est très simple à cerner : tout ce que tu es et fait représente le Mal. Et ce qui t’ai inconnu le Bien. Tout simplement. » Rien que ça. Il était donc l’incarnation même du Mal. Et pourtant, il était certain de pouvoir donner plein d’exemples qui prouvaient le contraire. Il avait un caractère de merde, de chien, pas possible de le supporter MAIS il n’était pas le mal incarné. Ca, c’étaient d’autres personnes. Par exemple, s’il avait été le mal incarné, il aurait frappé Luuna, ce que jusqu’à présent, il n’avait jamais fait. S’il avait été le mal incarné, il n’aurait pas laissé les quelques petits criminels violents de Meadow Lake en taule mais les aurait libérés. Non, il n’était pas d’accord avec la définition du mal de Luuna, mais il ne voulait pas argumenter en sa faveur, ça l’arrangeait que les gens ne l’aiment pas, comme ça, il n’avait pas à s’attacher. Puis, comme pour le forcer à continuer la discussion, elle se releva et elle se dirigea vers lui, afin de l’empêcher de prendre la fuite – s’il partait, il faisait son couard, et donc, de fait, il passait pour le faible, ce qu’il n’était absolument pas.

« « Et crois-moi, je ne comptais pas sur toi pour un jour venir m’aider en cas d’agression, quelle qu’elle soit. Une crapule comme toi, aider quelqu’un ? Inimaginable. Encore moins venir m’aider moi. Je sais à quel point tu ne m’aimes pas, et rassure toi c’est réciproque. » Haussant un sourcil, il baissa légèrement la tête pour la fixer droit dans les yeux. S’il n’avait pas été aussi grand, leurs fronts se seraient touchés, mais à cause de sa grande taille, il la dominait largement. Il faisait deux fois sa largeur, et probablement trois fois son poids. Elle n’avait aucune chance si elle le poussait à bout – mais jamais il ne lèverait la main sur elle. Il voulait l’intimider physiquement. Serrant les poings, gonflant les bras. Fronçant les sourcils. La forçant à reculer légèrement. Un peu comme un prédateur qui a coincé sa proie dans un coin. Cependant, Luuna crut bon d’ajouter une tirade qu’elle ponctua d’un « Assassin. » en poussant l’épaule de Cerberus. Ah ben voilà. Rien que ça. Franchement énervé, il se pencha afin que leurs fronts se cognent et pour qu’elle ne puisse éviter son regard.

« Traite moi de ce que tu veux, Luuna, mais je suis pas un assassin. » lâcha-t-il, sifflant, hurlant, entre les dents, les poings serrés, provocateur. Elle avait touché un point sensible. Mais, peu lui importait, il n’était pas un assassin. Tout ce qu’elle voulait, mais pas un tueur. Et ça, il n’allait pas le laisser passer.

Cependant, comme pour marquer le tout, il y eut soudainement un bruit sourd, et le chevreuil qui avait été témoin de la scène jusqu’à présent, sembla prendre conscience du langage corporel de Cerberus vis-à-vis de Luuna et décida de prendre action. Blessé ou pas blessé, le coup qu’il envoya dans les côtes du Shérif le poussa en arrière et le fit rouler. Plaqué au sol, le souffle coupé, Cerberus mit quelques secondes à se rendre compte de ce qui venait de se passer. Rouvrant les yeux, il fixa le ciel, sonné. « Putain de merde. » laissa-t-il filer pendant qu’il se redressait et fixait le chevreuil. Toute sa haine maintenant tournée vers l’animal. Il fronça les sourcils et montra les dents, se tenant les côtes. Puis il lança un coup d’œil à Luuna, pas pour chercher du support mais plutôt pour voir la réaction de la jeune femme vis-à-vis de la réaction de son protégé.

« J’abandonne. » donnant un coup dans le sol avec son poing, il se releva et vérifia qu’il ne saignait pas. Il était rouge, et avait des griffures qui venaient de là où les bois du chevreuil avaient touché son torse nu, et il lança un regard fulgurant à Luuna, comme si elle était responsable. Cependant, le chevreuil gratta du pied et comme pour répondre, Cerberus s’étira les épaules en se grandissant, et de là, l’animal se recula. Au moins, il y avait une communication d’homme à animal. Peut-être qu’il gagnerait un duel contre un grizzli, qui sait. Peu lui importait. « T’as qu’à te démerder pour le ramener chez toi, je t’aiderai pas. Démerde. Toi. » siffla-t-il, violemment, en tournant le dos à la jeune femme et le chevreuil, et se dirigeant vers la voiture de service. Il tira le pistolet du jean, le posa sur le capot, déposa la chemise trempée sur le même capot et posa sa main sur ses côtes. Saleté de bestiole. Elle méritait juste une place au-dessus de sa cheminée et rien d’autre.



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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 17:12

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Je crois que j’étais la pire des têtes de mules. Quiconque de conscient ne chercherait pas à autant provoquer un gars de ce gabarit là. Je n’étais pas du genre à détester quelqu’un, oh non du tout. Ma haine pour ce Shérif était alors justifiait. Surtout avec ce que je venais de voir en arrivant. Oui, j’étais toujours avec ça, je n’oublierai pas. Et il aura le droit à ce que je le lui sorte assez souvent cette anecdote. Namého.
Je crois que vraiment il se retenait de ne pas me frapper. Énervant, bientôt complètement à bout, il descendit légèrement sa tête pour qu’ainsi nos deux fronts se confrontent. Son regard empli de rage fut face à moi, et je mentirai en disant que je ne fus pas intimidée. Il m’informa donc que je pouvais prendre plaisir à l’insulter de ce que je voulais, sauf de cela. Pas assassin. Bizarre. Je lui lance souvent de petites insultes. Mais celle-là paraissait de pas passer apparemment. Allez savoir pourquoi. Je ne m’étais jamais intéressée à sa vie, son passé ni son entourage, s’il en avait un. Personnellement, je n’avais pas de passé, mais je savais que je n’étais pas la seule. Ça se trouve, il faisait partit de ceux qui avait perdu la mémoire… Ah, et puis, qu’en avais-je à faire ? Il restait horrible comme personnage, point. Sa tête trop proche de la mienne, je la recula légèrement. Sourcils aussi froncés, sourire effacé. J’ouvris alors la bouche pour rétorquer, mais un coup de vent arriva à côté de moi et Cerberus vola, de nouveau. Impressionnée, les yeux écarquillés, je regarda le chevreuil, se tenant merveilleusement sur ses pattes à mes côtés, l’air extrêmement fier de ce qu’il venait de faire. Un bon coup de corne sur le Shérif. Mon dieu je n’osais imaginer la douleur. Il était sérieusement amoché, mais je ne tarda pas mon regard sur son torse, me souvenant de la réaction que j’avais précédemment eu en le voyant.
Mon côté gamine reprit le dessus, et j’eus soudainement un léger fou rire. Ma main à ma bouche pour tenter de le freiner, c’était trop hilarant pour moi. Je regardais du coin de l’œil l’animal, et me croyais soudainement dans une sorte de dessin-animé. Le Bien triomphe toujours et tout et tout quoi. Dans un sens ça m’effrayait aussi que la bête ai dans un sens comprit qui était la brave personne ici et qu’elle m’est défendu. Même si je savais que je ne risquais rien. Cerberus parle, mais n’agira jamais sur moi. Je l’espère. Au moins un coté positif, si j’ose dire, chez lui. Je n’arrivais pas à cesser de rire. Pourtant, je détestais mon rire : on croirait entendre une fillette de cinq ans pouffer. Bref, Cerb’ lança comme toujours une insulte, et capitula. Quoi ? Le grand Shérif qui tenait tête à tout abandonné ? Il osait ! Mon jeu s’arrêtait donc déjà. Oui, pour moi depuis un petit moment c’était devenu un jeu que de le provoquer. Et il s’y prêtait sans le savoir. Il me lança alors de me démerder pour ramener l’animal chez moi, et partit vers son véhicule. Il fuyait ? Je n’arrivais pas à y croire. Il balançait le drapeau blanc, prenait ses jambes à son cou, ce que vous voulez. Mais il ne chercha pas pour une première fois à avoir le mot de la fin.

Je n’étais pas satisfaite de cette victoire que je venais d’avoir sur lui. Premièrement, je pense qu’il n’avait pas retenu la leçon pour le chevreuil, et deuxièmement, je voulais continuer ce petit jeu. Jouer avec le feu. Mais avant de relancer l’attaque, je caressa la tête de l’animal, comme pour le féliciter, et sortit un petit « merci ». J’avais enfin réussi à cesser mon rire, et regardait dans la direction de Cerberus. Prenant un air supérieure, toujours mon sourire d’enfant sur mon visage, je plaça mes mains sur mes hanches.
« Tu me fuis Shérif ? Tu aurais donc peur d’un simple chevreuil ? Ou alors de moi ? »
Je savais que ce que je disais était faux, mais provocation avant tout. Allez quoi, je m’ennuyais, autant m’occuper ainsi. Et puis je vous rappelle qu’il m’avait fait louper ma baignade !
« Vois comme mère nature se venge. Ose me dire que cet univers n’a pas d’âme après. J’espère en tout cas que tu as suffisamment mal. Discours étrange de ma part en tant qu’anti-violence, j’avoue. Mais comme j’aimais le dire, il s’agissait de violence pour défense, non ? Allez, pars donc. Prouve moi que j’ai eu aujourd’hui raison sur toi. Montre moi ta faiblesse. »
Je ne savais absolument pas comment il allait réagir. Ce que je savais, c’était que j’étais bien motivée pour aller jusqu’au bout.
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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 17:55

Non, mais là, franchement, c’était pratiquement impossible qu’elle ne le fasse pas exprès. Mais dans le genre impossible, absolument impossible. Plus impossible que ça, et elle pouvait mourir. Cerberus avait abandonné, il avait mal aux côtes à cause de l’attaque de l’animal et il saignait, et il n’avait absolument aucune envie de rester là, car il savait que parler à Luuna finissait en conversation entre sourds, et si en plus, elle avait une bestiole pour la protéger, ce n’était même pas la peine. Et puis, il n’avait jamais levé la main sur elle. Il ne frappait jamais les femmes, sauf si elles avaient une arme braquée sur sa tempe. Et là, il venait de se faire agresser par un animal – qu’il avait menacé à mort, certes – parce qu’il s’était défendu d’une insulte. Il n’était pas un assassin.

Il l’entendait rire, en plus. Luuna riait, et il ne voulait pas savoir pour quoi. Il observa son reflet dans la voiture, afin de vérifier l’état de sa blessure. Rien de grave, apparemment, il aurait probablement une côte fêlée ou un truc du genre. Ce ne fut que lorsqu’il entendit des bruits de pas que le Shérif soupira. Oui, il avait abandonné, et alors ?! La voix de Luuna le tira de son soupir, lorsqu’elle le provoqua, « « Tu me fuis Shérif ? Tu aurais donc peur d’un simple chevreuil ? Ou alors de moi ? » Levant la tête au ciel, il soupira ostentatoirement afin de faire comprendre à la jeune femme qu’elle allait trop loin. Il ne réagissait en général pas, pas violemment. Mais là. C’était juste trop. Il se retourna pour contempler la jeune femme de haut en bas. Elle avait l’air sûre d’elle, et entièrement prête à subir les conséquences de ce qu’elle venait de dire. Elle continua, néanmoins, pour enfoncer le clou : « Vois comme mère nature se venge. Ose me dire que cet univers n’a pas d’âme après. J’espère en tout cas que tu as suffisamment mal. […]Allez, pars donc. Prouve-moi que j’ai eu aujourd’hui raison sur toi. Montre-moi ta faiblesse. »

Il sentit un filet de sang couler le long de son ventre, pour aller arrêter sa course contre son jean, et il fixa Luuna droit dans l’œil. Elle espérait qu’il avait suffisamment mal ? Oh ouais. IL avait mal. Il saignait. Comme son pauvre chevreuil blessé. Qui avait été assez con pour se laisser prendre au piège, déjà, hein. Et puis, de toute façon, il s’en branlait Cerberus. Ce n’était pas son problème, tout ça. Mais elle le poussait à bout : elle voulait qu’il lui montre sa faiblesse, ce qu’il n’allait absolument pas faire. Il se décida à prendre la parole : « Tu as pas eu raison sur moi. Ton copain a eu raison sur moi. Pas toi. Toi t’es qu’une mouche. Ah non, t’es une pute. J’avais oublié. » lâcha-t-il avec un sourire moqueur, en coin, pendant qu’il se passait la main sur les abdominaux afin d’essuyer le sang.

Puis, il cracha pour marquer son dégoût. Ouais, bon. Personne n’aime se faire traiter de pute, mais qu’on crache dessus pour le marquer, ça devait forcément être déplaisant. « Va baiser ton chevreuil, ça ira mieux pour toi. » siffla-t-il, fier de lui. Violent par les mots ou physiquement, peu lui importait, réellement. Il haussa les épaules, apparemment stoïque face à ce qu’il venait de lâcher lui-même.

Et puis, il attrapa le talkie-walkie qui ne fonctionnait plus et le balança vers le chevreuil pour le faire fuir, et pour marquer leur intimité, à Luuna et Cerberus. Mais, plutôt que fuir, l’animal crut bon de réagir de façon violente – tiens donc – et chargea à nouveau Cerberus, qui, s’avança, et, donna un coup violent dans le torse de Luuna pour l’écarter de l’animal qui lui arrivait dessus (si, si, il avait poussé Luuna hors de la zone d’impact, donc il avait agi pour elle, non ?), et, lorsque le chevreuil se trouva sur lui, il sentit à nouveau le choc sur ses côtes et un gémissement s’échappa d’entre ses lèvres.

Cependant, il parvint à attraper les bois de l’animal, et, roulant sur lui-même, il racla son dos contre le sol de la forêt – s’écorchant par ailleurs, de partout et avec des échardes de partout pour couronner le tout – et se trouva sur l’animal qui lui donna un coup de patte dans l’abdomen. Serrant les dents, Cerberus vit rouge l’espace de quelques secondes, et, attrapa les bois du cervidé, et, d’un geste sec et violent, tira à 90°. Le crac interrompit le bruit de leur querelle physique, et le silence qui s’abattit sur la forêt mit le Shérif drôlement mal à l’aise.

« Merde. » lâcha-t-il dans sa barbe, à genoux sur l’animal qui avait cessé de bouger. Ouais. Ben là. Il pouvait le dire, son merde. Parce que franchement, il venait de faire une grosse connerie. Et si jamais, Luuna demeurait aussi calme qu’elle l’avait été jusqu’à présent, il serait étonné. Et profondément étonné. Cependant, il se sentit mal.

Il se redressa et se releva avant de poser sa main sur ses côtes, qui étaient douloureuses. Puis il sentit la chaleur le long de son dos, et il se rendit compte qu’il avait des petites blessures un peu partout. Bordel d’animal. Il aurait dû lui mettre du plomb dans la cervelle au début, comme ça, il aurait même pas eu de débat avec Luuna. La vendeuse en animalerie le faisait chier et maintenant, il venait de buter une bestiole à mains nues. Là, elle pouvait le traiter d’assassin. Bordel. Et merde. Tout ce qu’il ne voulait pas. Il demeura néanmoins incapable de bouger. Les yeux vitreux de l’animal le fixaient, et il ne semblait pas enclin à partir seul. Il faudrait probablement une gifle.

Il n’était pas le mal incarné ? Après ça, peut-être. Magnifique. Absolument, magnifique.



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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Dim 11 Mar - 20:59

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Et de nouveau il me fit part de sa colère en me traitant, encore, de pute. Et son sourire m’indiqua qu’il était fier de m’avoir ainsi rabaissé. Une pute. Non mais vraiment, ça ne volait pas haut les insultes là. Mais je n’en avais que faire, qu’il me traite autant qu’il le voulait, ce n’était pas moi qui était blessé à ce moment présent. D’ailleurs, en parlant blessure, le chevreuil n’y avait pas été de main morte. Cerberus était bien amoché, mais je ne pus plus longtemps regarder sa plaie : la vue du sang m’horrifiait. Je ne savais pas pourquoi, mais voir du sang me donnait des frissons et me donnait juste envie de… rendre. Bref, il montra de nouveau sa malveillance en crachant. Ok, plus vulgaire, je ne vois décidément pas. Certes il n’avait jamais levé la main sur moi, mais il se rattrapait bien. Saloperie. Puis il lança cette phrase si… osée. Je ne suis pas du genre à être choquée par n’importe quoi, mais là il abusait. L’exemple du viol précédemment, et à présent cela. Esprit tordu quand tu nous tiens. Et puis cette insulte n’avait aucun sens, me traiter de pute, à la limite. Mais ça. D’ailleurs, pour revenir sur le terme de pute, je ne vous le cache pas, je crois l’être. Pas dans le sens qu’il voulait le montrer, certainement pas. Mais bref, de nouveau je ne veux pas penser à lui, enfin à eux deux.
Cerberus balança, en mauvais joueur, son talkie sur l’animal. Il recommençait avec sa violence, décidément. Puis, ce qui se passa, je n’eus guère le temps de le voir arriver : le chevreuil, bien décidé à avoir le dernier mot apparemment, chargea pour une deuxième fois le Shérif, qui décida de réagir. Ce qu’il fit, là, de suite, je ne le comprit pas. Mais en tout cas, je fus propulser à environ deux mètres. Allongée dans l’herbe, reprenant mes esprits dû au choc, je releva la tête, retira mes cheveux de sur mes yeux, et assista impuissante à la scène. Cerberus avait décidé de se défendre, et une courte lutte en lui et l’animal se fit. Je tenta alors de me relever, mais je resta à genoux, les cheveux toujours sur mon visage. C’est ça d’en avoir des trop long. Quand je vis Cerb’ attraper les bois de l’animal, je compris de suite ses intentions. Dans un dernier espoir, j’hurla un « Non. » qui résonna légèrement dans la forêt. Mais le bruit qui suivit me glaça le sang, et je ne pus en croire mes yeux. Mon cœur s’arrêta, littéralement, et j’eus un frisson d’horreur. La bête était morte, son corps sans vie aux pieds de Cerberus. Je ne pouvais détacher mes yeux du pauvre animal. Ma respiration s’était accélérée, et je sentais mes bras trembler. Et je n’avais rien fait. J’avais laissé se faire ce crime. Toujours par terre, et telle une sauvage, je m’avança de nouveau vers l’animal à quatre pattes. Sauf que cette fois-ci, je ne pouvais plus rien pour lui. Une fois près de la bête, je posa ma main sur son flanc et resta fixé sur ses yeux ouverts. C’était juste, horrible. Je me sentais détruite, déchirée. Ça n’était plus de la violence à ce stade là. Je ne trouvais pas de mot, non. Aucun mot pour le décrire. Lui, non assassin ? Qu’il ne me fasse pas rire.
« Pourquoi… »
Lançais-je dans un souffle, accablée. Je sentais les larmes me monter, mais elles furent remplacer par une colère furieuse. Comment avait-il pu oser ? A mains nues, sans remord. Pire que de l’achever avec une balle. Il l’avait de son propre chef tué. Mais c’était ma faute. La mort de cet innocent était le résultat de ma provocation. Je m’étais brûlée à mon jeu. Je l’avais cherché, j’avais été trop loin. En réplique, il avait tué ce que j’adorais plus que tout. Les animaux. Ça faisait beaucoup plus mal que s’il ne m’avait frappé moi. Et à présent ça me faisait souffrir de savoir que c’était de ma faute. Mais pourquoi avais-je étais aussi bête ? J’étais rentrée dans son jeu. Et comme toujours, le résultat de cette violence fut la mort.
Après-midi de merde. J’aurai préféré rester dans ma boutique en fait. De pas voir ça, de pas être traumatisée ainsi. Au final, que je sois venue ou pas, le destin de l’animal avait été scellé. Par balle ou ainsi, apparemment aujourd’hui devait être son dernier jour. La colère revint soudainement. À force de fixer l’animal inerte, ma haine avait grandit pour Cerberus, et enfin je daigna lui lancer un regard. Il paraissait légèrement perdu, surement conscient de l’horreur qu’il venait de commettre. Mais cela ne lui pardonnait rien. Comment pouvait-on être aussi affreux ? Je me leva alors d’une trombe, fit les quelques pas jusqu’à lui et sans regret, lui donna une bonne gifle. Le clac se fit entendre. Toute ma force, ma haine et ma tristesse avait été mise dans cette attaque, ce qui lui laissa une légère trace rouge. Une blessure de plus ou de moins vu son état, cela ne changé rien.
« Pourquoi tu as fait ça !? Mais merde alors il ne t’avais rien fait à ce que je sache ! Pourquoi ne pas t’en prendre à moi, pourquoi avoir retirer la vie d’un innocent ? T’étais obligé de le faire ? Tu as voulu me prouver quoi en faisant ça ? Que t’étais un beau connard ! Merci, je le savais déjà, imbécile ! »
J’hurlais, complètement atterrée. Mais malheureusement, c’était fait. On ne pouvaient à présent plus revenir en arrière. La bête était morte, de ma faute de plus. Et jamais je ne pourrais lui pardonner. Je ne l’aimais déjà pas, mais à présent les petits jeux de provocation, c’n’était plus la peine d’y penser. Ma haine était trop grande.
« T’es vraiment qu’un pauvre con ma parole, pourquoi tu as fait ça… »
Je termina ma phrase d’une voix cassée, les larmes s’étant enfin décidées à perler sur mes joues. Mais mon regard montré toujours ma rage. Je ne le lâchais pas des yeux. Je voulais qu’il avoue sa faute, qu’il l’assume.
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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Mar 13 Mar - 21:27

Gifle.

C’était bien une gifle qu’il avait fallu à Cerberus pour qu’il finisse par sortir de sa torpeur. Il ne semblait pas avoir réagi autrement, sinon. A part fixer le cadavre encore chaud qui s’étirait en face de ses yeux. Portant la main à la joue, d’une façon presque trop lente, comme s’il ne comprenait pas, il leva le regard vers Luuna, comme incapable de déchirer le contact qui l’unissait à sa victime. « Pourquoi tu as fait ça !? Mais merde alors il ne t’avait rien fait à ce que je sache ! Pourquoi ne pas t’en prendre à moi, pourquoi avoir retiré la vie d’un innocent ? T’étais obligé de le faire ? Tu as voulu me prouver quoi en faisant ça ? Que t’étais un beau connard ! Merci, je le savais déjà, imbécile ! » Elle était… sérieuse. Et elle avait parfaitement raison, de fait. Elle hurlait, et il n’y avait rien à lui reprocher. Baissant à nouveau le regard vers la bête, Cerberus se mordit la lèvre inférieur, désirant plus que tout au monde sentir la nicotine s’infiltrer dans son sang. Mon dieu, il tuerait – presque littéralement – pour avoir une cigarette et arrêter de … trembler ? Oui.

« Je sais pas, Luuna. » « T’es vraiment qu’un pauvre con ma parole, pourquoi tu as fait ça… » « Je. Ne. Sais. Pas. » lâcha-t-il, ne laissant qu’un long blanc entre chaque mot. Il serra les poings. Non, il ne savait pas pourquoi il venait de commettre une telle atrocité. Il ne savait pas. Et c’était de ça qu’il avait peur : il n’était pas un assassin… De ce qu’il savait de lui. Il y avait 5 ans, il avait tout oublié avant. Tout. Sa vie, son identité, qui il était, s’il avait de la famille. Il ne savait rien, et il s’était réveillé avec du sang sur les mains, presque littéralement. Ça l’avait marqué à vie, alors à quoi bon ? Peut-être qu’après tout, il était le mal ? Hein ? Non ? Il n’en savait absolument rien !

« Je suis désolé, Luuna. » finit-il par laisser filer entre ses lèvres. Sérieusement. Il venait de s’excuser vis-à-vis de la jeune femme, et, sans regarder plus longtemps les larmes qui coulaient sur le visage de la protectrice de la nature, il se retourna et se dirigea d’un pas décidé vers la voiture de fonction. Il ouvrit la porte conducteur d’un geste brutal et se jeta sur le siège en cuir, en fixant le centre du volant, comme s’il allait obtenir une réponse de la part de l’objet. Mais non, il n’en aurait décidément pas. Il leva enfin le regard, se rappelant de ce qu’il venait de faire. Le crack résonna dans sa tête et il pinça l’espace entre ses deux sourcils de l’index et du pouce, fatigué. Il aurait mieux fait de rester au poste et de laisser quelqu’un s’occuper du chevreuil, voilà ce qu’il aurait dû faire. Il attrapa le talkie de la voiture, celui qui ne quittait jamais le tableau de bord et marmonna quelques mots à l’intérieur. Il fallait que quelqu’un vienne chercher le cadavre, et, on lui assura que ce quelqu’un allait prendre la route d’ici quelques minutes. D’ici là, il devait rester sur les lieux, même si tout en lui hurlait de fuir la scène du crime. Mais il n’y avait pas réellement eut de crime. Sauf… ce pauvre animal. Tirer d’une balle dans le crâne, c’est rien. Briser une nuque, c’est autre chose. N’importe qui en témoignerait, et Cerberus le premier. Il lança un coup d’œil à Luuna qui pleurait encore, incapable de la réconforter. Pas qu’il le souhaitât réellement, plutôt qu’il ne voulait pas se mettre dans une situation encore plus embarrassante. Il quitta l’habitacle, puis ouvrit la portière passager, et attrapa un sac en plastique, le déchira nerveusement et déplia la couverture dite de ‘choc’ et s’approcha de Luuna pour confier la couverture à la jeune femme. C’était tout ce qu’il pouvait faire.

« Je suis vraiment désolé, Luuna. » marmonna-t-il encore une fois. Une petite fois. Encore. Parce qu’il n’avait réellement rien d’autre à dire à la jeune femme. Qu’est-ce qu’elle voulait, qu’il se mette à genoux et qu’il lui implore son pardon ? Pour tout ce qu’il savait, il pouvait juste se casser en voiture et la laisser là. Elle rentrerait chez elle, secouée et triste. Mais sans lui. Il ne savait pas comment réagir. Jusqu’à présent, il n’y avait pas vraiment eu de crime violent. Et il venait de commettre le premier, avec témoin. Même si ce n’était qu’un animal. Un petit animal de rien du tout… Oh, bordel. Dans quel pétrin s’était-il fourré ?



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MessageSujet: Re: Safe from pain and truth and choice and other poison devils, see, they don't give a fuck about you, like I do.   Lun 19 Mar - 16:57

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Pourquoi avais-je aussi mal ? Pourquoi avais-je l’impression que c’était ma tête à moi qui avait été ainsi retournée ? Qu’Est-ce qui me lié tant aux animaux ? C’est vrai, en y pensant, toutes les créatures sauvages que je croise sont attirées par moi, et inversement. Ce n’est que des animaux, non ? Alors d’où vient cet attachement naturel ? Peut être qu’une chose s’est produite dans mon passé en lien avec la nature. Quoi ? J’n’en ai aucune idée, et c’est bien cela qui m’énerve. Ne pas savoir qui je suis, ce que je fais ici, ce que j’ai bien pu faire dans mon passé. Qui sont mes parents, ma famille. Qui je suis moi. J’avoue, étant pourtant une personne à la joie de vivre, je traverse de temps à autre des périodes de dépression, où toutes ces questions me reviennent en tête soudainement. Et ne pas avoir de réponse me perturbe et m’attriste. Si vous saviez comme cela est horrible de ne pas se connaitre soi même.
Enfin bref, je pense que ce n’est pas le moment de réfléchir à ça. Mais voir cette bête se faire tuer m’avait mit dans tout mes états, et sincèrement, je me sentais complètement inutile. Comme toujours, incapable de faire quoique ce soit, laissant toujours les autres agir pour moi. Je ne peux vivre dans les autres, jamais je ne pourrais me passer d’autres bras, jamais je ne pourrais survivre à la solitude. Je suis ainsi, tout simplement. Et c’est infernal à vivre, que de devoir sans cesse attendre l’aide d’autrui. Le chevreuil était là, sans vie depuis à présent un moment, et moi, je n’avais rien fait pour empêcher sa mort si tragique. Si inattendue. Même si j’avais vu, en arrivant, Cerberus, arme en direction de l’animal, je pensais qu’avec le léger laps de temps qui passa, son idée de tuer l’animal était partie. J’avais été bien naïve, comme d’habitude. Je souhaite toujours me mêler de tout, et finalement, c’est pire. Si je n’étais pas intervenue en empêchant le shérif de tirer sur l’animal, ce dernier n’aurait pas plus souffert d’une autre mort plus affreuse. Si je n’aurais pas été là, certes, la bête serait morte, mais pas de manière si barbare.
Finalement, à cet instant, je pense me haïr plus que je n’hais Cerberus. Parlons d’ailleurs de ce dernier : il paraissait toujours aussi tourmenté, de plus en plus je dirais même. Il ne savait pas. Ne pas savoir pourquoi nous venons d’ôter la vie d’un être, c’est grave tout de même. Personnellement, je savais déjà qu’il était une personne dangereuse et menaçante. Mais jamais je ne l’avais vu franchir la barrière du crime. Tuer ce qui me tient le plus à cœur, mais me haït-il à ce point ? Me haït-il au point de tuer de ses propres mains un animal innocent, dans le seul but de me faire du mal, à moi ? Si vraiment c’était le cas, il avait réussi. Je n’arrivais pas à empêcher ma tristesse de couler sur mes joues, le regard vide, perdu quelque part sur le cadavre de cet être.

Un silence s’installa, avant que Cerberus ne le brise en s’excusant auprès de moi pour ensuite se rediriger vers sa voiture. Des excuses ? Que voulait-il que j’en fasse ? De simple mot, qu’il ne pensait surement pas. Ça ne fit qu’agrandir ma haine, au point que j’en pleura de plus belle. Je pense être un cas désespérée. Pleurer, la seule chose que je suis capable de faire face à un tel drame. Mais après tout, qu’y avait-il d’autre à faire ? Il était mort. Il avait survécu à sa blessure du au piège. Avait survécu à une balle dans le crâne. Pour finalement être prit par le destin. Je ne suis pas croyante, non. J’ai ma croyance à moi, loin de celles qui engendrent aujourd’hui encore tant de violence entre les hommes. Je crois en mère nature, et à nos esprits. Nous naissons, vivons, mourrons. Une fois mort, nos esprits s’échappent de notre enveloppe charnelle et rejoignent mère nature. Il en est de même pour les espèces animales.
Prenez moi pour une folle, de nouveau, si cela vous enchante. Mais je préfère être naïve et y croire, que d’être terre à terre et réaliste.
Je pense que je devrais arrêter de me la jouer philosophe. Mais je me forçais à penser à d’autre chose, essayant d’arrêter ces foutues larmes. Il revenu, couverture en main, et me présenta de nouveau ses excuses. Je lui jeta alors un bref regard : toujours aussi perdu. Je ne pris pas la couverture qu’il me tentait. Je n’en voulais pas. Je n’en avais pas besoin. C’n’était pas moi qui était au sol, inerte. Je renifla alors une dernière fois, et essuya mes larmes avec mes poignets.
« Je ne vois pas pourquoi tu t’excuses auprès de moi, Cerberus. Tuer cet animal, c’Est-ce que tu voulais faire depuis le début de toute façon. Je n’étais plus énervée, et ma voix s’avéra douce malgré ce que je disais. Et je pense que, si vraiment des excuses sont à faire, ce n’est pas à moi que tu dois les présenter. Ce n’est pas moi que tu viens d’assassiner si cruellement. »
Me raclant la gorge, je décida enfin de cesser de regarder l’animal, pour plonger mon regard vide dans celui du shérif.
« Tu dis que tu ne sais même pas pourquoi tu l’as tué ? Dans ce cas, je peux enfin affirmer que tu es quelqu’un de dangereux, réellement. Tu prends de tes mains la vie d’un être, sans savoir pourquoi. Tu viens donc de tuer sans raison. Je ne dis pas qu’avoir une raison de l’avoir tuer t’excuserais. Mais ne pas en avoir prouve ta monstruosité. »

Je gardais toujours mon calme, ne criait plus. Je parlais normalement, lentement. Ce que je lui disais, je pense qu’il le savait depuis un moment. Mais il fallait que ça lui rentre dans le crâne. Histoire qu’un autre innocent n’y passe pas.
« Bref, je suppose que tes collègues vont arriver, que tu vas tranquillement partir et que pour toi toute cette affaire sera finie. Je te hais, Cerberus. »
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